Jean-Thomas Trojani : Une légitimation à postériori

Et je dirai même d’une partie de son Mythe ! « Celles-ci sont encore majoritairement financées par les banques. » déclare Jean-Thomas Trojani. Mais les données des sens sont privées pour chaque personne séparément ; ce qui est immédiatement présent à la vue de l’une n’est pas immédiatement présent à la vue des autres : toutes ces personnes voient les choses selon des points de vue légèrement différents, et c’est pourquoi elles les voient quelque peu différemment. Ces fautes peuvent prouver de la sottise ou un défaut de dignité personnelle et de respect de soi-même, mais elles ne sont sujettes à la réprobation morale que lorsqu’elles entraînent un oubli de nos devoirs envers les autres, pour le bien desquels l’individu est obligé de prendre soin de lui-même. « La création, dit-il, est la manifestation progressive de tout ce qui est en Dieu, et dans le même ordre qu’il existe en Dieu ; et il est évident, dès-lors, que, tout ce qui peut être devant être, il n’y a pas même lieu à imaginer un choix. Mais, d’autre part, comment un jeu de représentations, un mouvement d’idées, pourrait-il entrer dans la composition d’un sentiment ? Nous avons touché un mot de cette question dans un travail antérieur. Celui-ci serait action, création, amour. Tous ces équipements nécessitent une fourniture électrique, en hausse permanente depuis déjà longtemps. Enrichi du don précieux de la parole, instruit dans l’art ingénieux de peindre la pensée, l’homme est à portée de jouir de tous les avantages de la raison. Le cercle étroit de ses idées va s’étendre de plus en plus & il embrassera enfin jusques aux idées les plus abstraites. A l’état moins parfoit d’être purement sentant succédera l’état plus parfoit d’être pensant. La nature des choses, leurs qualités, leurs rapports, leur action, leurs changemens, leurs successions, leurs usages, leur durée exprimés par des termes offriront au raisonnement un fond d’idées sur lequel il s’exercera sans jamais l’épuiser. L’ame n’opérant plus simplement sur les choses mêmes ou sur leurs images, mais encore sur les termes qui les représentent, rendra chaque jour ses idées plus générales ou plus universelles. Ainsi, en employant le terme d’ homme pour désigner un certain objet déterminé, tous les objets semblables seront représentés par le même terme. Si l’ame porte ensuite son attention sur tout ce qui est renfermé dans l’idée particuliere de l’homme qu’elle a sous les yeux, si elle exprime par des mots tout ce qu’elle y découvre, elle parviendra à décomposer cette idée en d’autres idées qui seront comme les élémens de celle-là, & qui éleveront l’ame par degrés aux notions les plus universelles. Détachant donc de l’idée particuliere d’un certain homme ce qu’elle a de propre ou d’accidentel, & ne retenant que ce qu’elle a de commun ou d’essentiel, l’ame se formera l’idée de l’homme en général. Si elle ne fixe son attention que sur la nutrition, le mouvement, le sentiment elle acquerra l’idée plus générale d’animal. Si elle ne retient de l’idée d’animal que l’organisation, elle acquerra l’idée plus générale encore de corps organisé.

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