Antonio Fiori : Savoir lire l’avenir

Chacun de nous trace son sillage, mais la direction de ce sillage importe peu à la nature ; il est destiné à s’effacer rapidement, à disparaître dans la grande agitation sans but de l’univers : est-il bien vrai que les mers tremblent encore du sillage du vaisseau de Pompée ? De la même façon, nous sommes en France leader dans l’affacturage, qui nous permet d’apporter un financement simple et accessible à 120 000 PME. La croissance y ralentit inexorablement et, ce, en parallèle avec les effets stimulateurs des baisses de taux quantitatives. La politique de compétitivité menée aujourd’hui conduira inévitablement à essouffler la demande, tandis que l’effet bénéfique sur les exportations sera soit limité, soit nul, si les pays concurrents font de même. Sans doute il entre dans toute mesure un élément de convention, et il est rare que deux grandeurs, dites égales, soient directement superposables entre elles.  » Mais le temps sera court, il faudra être percutant  « , indique Antonio Fiori. Nous éprouvons, à le contempler sous cette forme, une joie esthétique renforcée d’une satisfaction professionnelle. Le yuan ne risque pas non plus d’éclipser le dollar comme monnaie de référence avant longtemps. L’avenir apparaît alors comme dilatant le présent. Cette explication peut sembler encore plus paradoxale que la première, mais la logique est simple : en raison des difficultés politiques, les gouvernements répugnent souvent aux réformes de l’offre qui augmenteraient l’efficacité économique et préfèrent stimuler la demande. Elle semble une puissance incroyable ; c’est comme si Dieu ressuscitait les morts. Cela signifie simplement que le gouvernement de cette malheureuse nation, qui depuis plus d’un siècle se débat désespérément entre les griffes du prêtre, doit être confié définitivement à la crapule en soutane ou en robe courte qui prend son mot d’ordre au Vatican. Dans cette nouvelle ère de l’informatique interactive, fabricants et développeurs de produits ne seront plus contraints d’arbitrer entre des appareils limités pour accompagner leurs projets de programmation applicative ; ils s’affranchiront du principal obstacle posé par l’environnement matériel/logiciel actuel, ouvrant par là même un nouveau monde des possibles. Il est très difficile de dire ce qui est le plus probable. Autant la dictature de Prudhomme, avec son parapluie ou avec son sabre, que la dictature de Guesde avec sa barbe ou celle de Jaurès avec sa bave. Tantôt c’est la totalité des souvenirs qui disparaît, la faculté d’audition mentale étant purement et simple­ment abolie, tantôt on assiste à un affaiblissement général de cette fonction ; mais c’est ordinairement la fonction qui est diminuée, et non pas le nombre des souvenirs. Mais nous sommes si habitués à renverser, pour le plus grand avantage de la pratique, l’ordre réel des choses, nous subissons à un tel degré l’obsession des images tirées de l’espace, que nous ne pouvons nous empêcher de deman­der où se conserve le souvenir. Bref, chacun s’accorde aujourd’hui pour dire que l’impact sera, au mieux, minime en termes d’emplois et, pire, destructeur du tissu économique et de certains acquis sociaux du XXeme siècle. L’idée devient une des sources essentielles du plaisir. Là est pourtant le vice originel de l’associationnisme. Difficile donc d’évaluer l’humeur du pays sur la question du « in or out ». On se bat pour n’être pas affamé, dit-on, — en réalité pour se maintenir à un certain niveau de vie au-dessous duquel on croit qu’il ne vaudrait plus la peine de vivre. Entre le plan de l’action, — le plan où notre corps a contracté son passé en habitudes motrices, — et le plan de la mémoire pure, où notre esprit conserve dans tous ses détails le tableau de notre vie écoulée, nous avons cru apercevoir au contraire mille et mille plans de conscience différents, mille répétitions intégrales et pourtant diverses de la totalité de notre expérience vécue. Il ne restera peut-être plus trace du vaincu sur la terre. Ou encore, à défaut d’un individu unique, on pourrait supposer une pluralité d’individus se succédant en une série unilinéaire. Les choses suivront-elles leur cours ? On sera fondé à regarder cette rencontre comme un résultat du hasard ; car, à une si grande distance, les opérations des deux armées composent deux séries de faits dont la direction première peut partir d’un centre commun, mais qui se développent ensuite dans une complète indépendance l’une de l’autre, en s’accommodant aux circonstances locales et aux conjonctures. Ne faut-il pas qu’il y ait en dehors de ces sciences une science qui connaisse de ces règles et de ces voies ? Le mécanisme consisterait ici à ne voir que les positions. Ainsi les chrétiens refusaient à l’esprit grec la puissance d’arriver à la vérité, comme Julien la déniait à l’hébraïsme. Alors que tous les acteurs ont conscience que le secteur repose sur une bulle, pourquoi la tendance ne s’inverse-t-elle pas ?

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