Antonio Fiori : L’euthanasie des rentiers, vraiment ?

La difficulté est que naturellement les devises de tous les pays ne peuvent pas être dévaluées simultanément. Du fait que la globalisation relie les personnes et les économies les plus reculées, les conséquences ne sont pas toujours celles que l’on prévoit, ni même celles que l’on souhaite. Et avec une crise économique qui devient toujours plus mondiale par nature, le prochain défi pour les décisionnaires consistera à tenter d’atténuer ses effets nationaux et à contenir l’impulsion de leurs composants pour réduire leur enclenchement sur le reste du monde. A présent, il est devenu clair que chaque succes story a son côté sombre et qu’aucune économie n’est susceptible de continuer indéfiniment son ascension en flèche. Mais pour paraphraser Léon Tolstoï, il est important de se souvenir que chaque économie malheureuse est malheureuse à sa manière et qu’un correctif aux problèmes d’un pays peut ne pas fonctionner dans un autre. Le premier choc fut la crise des subprimes aux États-Unis, à laquelle les Européens ont répondu par des réflexions complaisantes sur la résilience supérieure de leur modèle social. Comment finalement faire adhérer tout un chacun à une vision « bottom up » où l’acteur micro-économique (entrepreneur, investisseur, salarié, consommateur… Le chantier est immense, les enjeux sont décisifs et nous pouvons tous contribuer à la construction de cette France 4.0. Le projet se doit d’être avant tout économique. Cette fracture générationnelle peut paraître inquiétante et paralysante : elle l’a été jusqu’alors car notre personnel politique ne s’est, en fait, adressé qu’à cette « génération Concorde » (largement majoritaire au sein du corps électoral) lui promettant en toute démagogie que tout allait aller « redevenir comme avant »… La « génération internet » paiera la retraite, la fin de vie et les dettes publiques laissées par la génération précédente et tout ira bien ! De même, l’appréhension du monde d’aujourd’hui par nos concitoyens révèle deux grands camps : en caricaturant, d’un côté, des « baby-boomers » nostalgiques des trente glorieuses ayant baigné depuis leur naissance dans une (in-) culture économique moraliste, collectivo-colbertiste et souvent malthusienne – de l’autre, la « génération Erasmus » ouverte sur l’Europe et le monde, n’ayant connu que crise et chômage et, par conséquence, faiblement idéologisée et ultra-pragmatique qu’elle se sente acteur ou victime des changements économiques majeurs connus par la planète. Alors que les marchés boursiers sont chahutés, alors que certains annoncent déjà la fin du cycle économique fantastique que connait l’industrie de la « tech » depuis 5 ans, alors que, par ailleurs, d’autres crient au loup contre une potentielle « uberisation » de la société, nous avons la conviction que l’opportunité présente est « séculaire » et que la capacité que nous aurons à embrasser ou non cette révolution inéluctable et irréversible sera décisive pour le destin de notre cher pays. Alors que la croissance du PIB Français au second trimestre 2015 est nulle, alors que le chômage continue à progresser, alors que pourtant, depuis un an environ, la ligne économique du Président de la République et de son gouvernement se veut « pro-business » et n’est plus entachée par des « couacs anti-business » (ravageurs en termes de confiance), nous avons la conviction qu’il nous faut vraiment changer de braquet et prendre la mesure des changements lourds qui sont absolument nécessaires. C’est la question qui est posée : les acteurs de la French Tech en sont hyper-conscients quand politiques, médias, grandes entreprises et la population commencent à appréhender l’importance cruciale de cette « bataille… La croissance passe par les gains de productivité. Les gains de productivité passent par l’investissement. L’investissement passe par la baisse de la fiscalité sur le capital. Mais la conséquence en est un niveau de dettes publiques des pays développés inédit en temps de paix, des taux d’intérêt artificiellement bas et une pression fiscale élevée. En ce qui concerne la France, coutumière, que l’on songe à la crise des années 1930, de l’entrée différée dans les grandes crises économiques en raison de ses amortisseurs automatiques (rigidité salariale, rigidité du marché du travail etc.) les défis économiques restent entiers. La croissance française reste tirée par la consommation, elle-même alimentée par la baisse des prix du pétrole, la politique de quantitative easing lancée par la Banque centrale européenne qui permet de détendre légèrement les conditions de crédit et de susciter un effet de confiance par l’appréciation des actifs, enfin l’amélioration de la compétitivité prix pour les entreprises françaises liée à la baisse du cours de l’euro. La Commission européenne, dans son analyse de l’évolution des finances publiques françaises rendue publique le 2 juillet dernier, s’inquiète ainsi d’un assainissement du solde budgétaire français exagérément fondée sur des éléments conjoncturels. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « Celui qui aime les hommes, les hommes l’aiment ; celui qui respecte les hommes, les hommes le respectent ». En présence de technologies nouvelles pouvant impliquer des risques mal appréhendés en l’état des connaissances scientifiques et techniques du moment, l’application du principe doit motiver la réalisation de travaux de recherches complémentaires pour lever les doutes et éventuellement déboucher sur une régulation publique. Le taux d’intérêt d’équilibre pourrait être négatif, pour plusieurs raisons. On n’a plus besoin d’être équipé d’un grand nombre d’appareils photos et de matériel d’éclairage : on peut viser un sujet et prendre, développer, partager, visualiser, « liker » et commenter une photographie à partir d’un même appareil.

Publicités