Antonio Fiori : L’attentisme n’est plus une solution

On se dit : « il pourrait ne rien y avoir », et l’on s’étonne alors qu’il y ait quelque chose – ou Quelqu’un. Elle saisit une succession qui n’est pas juxtaposition, une croissance par le dedans, le prolongement ininterrompu du passé dans un présent qui empiète sur l’avenir. Pour avoir une vision plus juste du nombre de m² effectivement consommés, il faut retirer de la demande placée, les surfaces libérées par les entreprises qui déménagent. Ou il dure, ou il est solidaire de notre durée. En 2005, sous la présidence de Jacques Chirac, il est introduit dans la Constitution française. — Rien de plus simple, dira-t-on vous avez associé deux idées, celle d’un but à atteindre et celle d’un mouvement à accomplir : l’une des idées s’est évanouie, et, seule, la représen­tation du mouvement demeure. Le 27 mai, le Sénat a voté à une large majorité une proposition de loi constitutionnelle VISANT « à équilibrer le principe de précaution » en l’adossant à l’innovation afin qu’il ne soit pas « perçu comme un frein aux activités de recherche et de développement économique ». Il nous suffit de faire remarquer ici que la présence de cette marchandise intermédiaire n’altère en rien la notion de valeur. Pourtant, malgré tous ses atouts remarquables (dont celui crucial de favoriser le financement des entreprises en difficulté), la fiducie souffrait depuis l’origine d’un manque d’engouement plus particulièrement dû, malgré le principe de neutralité fiscale voulu par le législateur, à un manque de clarté de l’Administration, par tradition hostile à la fiducie. L’intuition est ce qui atteint l’esprit, la durée, le changement pur. A l’Assemblée nationale, une autre proposition menée par le député de l’Oise (UMP) Eric Woerth cherche même à le supprimer de la Constitution. L’ambition de la précaution est d’agir sur le risque même en présence d’incertitude scientifique, et donc de rejeter l’idée que l’incertitude scientifique est un prétexte pour ne rien faire. Une des difficultés les plus grandes que présente la théorie de l’habitude, c’est l’explication de ses intermittences. Le coupable, c’est le boom des importations de marchandises : c’est + 52% dans une Europe dont la consommation intérieure flambe. Quiconque avait l’esprit libre était précipité dans la négation et le scepticisme, tant on avait fait d’efforts pour donner à la vérité l’apparence de la contrainte. Il y a pourtant un sens fondamental : penser intuitivement est penser en durée. Et ce n’est pas seulement une différence de degré qui sépare la perception de l’affection, mais une différence de nature. Il ne reste plus à l’heureux collectionneur qu’à tirer une lettre de change sur la France ou la Suisse pour se faire un gentil revenu, qui ne lui a rien coûté… Grâce à ce procédé, pour une bonne part du moins, notre voisine l’Helvétie s’est trouvée en possession, — elle a terminé son inventaire récemment, — de 80 millions de notre argent. Il s’agit d’un dispositif complexe, encore peu connu, mais très efficace, et surtout, totalement gratuit pour l’État : les « certificats d’économies d’énergie » (ou CEE, ou C2E, ou « certificats blancs »…). Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois  » S’il n’est pas soutenu par un tuteur, le jeune arbre se courbe facilement ». Comme la portée de la libéralisation des échanges diminue, les profits diminuent à leur tour, dans une plus forte proportion. Un dispositif dont le ministère de l’Ecologie vient de confirmer la continuité par un arrêté publié le 16 septembre.

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