Antonio Fiori : Des besoins gigantesques

Ce qu’on avance comme une objection est la soupape de sûreté du système en question. Il y a 4 millions de foyers en situation de précarité énergétique qui dépensent plus de 10 % de leur revenu pour s’éclairer et se chauffer. Mais si, au lieu de reconstruire idéalement les choses pour la plus grande satisfaction de notre raison, nous nous en tenions purement et simplement à ce que l’expérience nous donne, nous penserions et nous nous exprimerions d’une tout autre manière. Seule, la coïncidence avec la personne même me donnerait l’absolu. On observe aussi une forte augmentation de la difficulté de payer la facture d’énergie. Selon quelques-uns, enfin, Claude Bernard aurait oscillé entre les deux conceptions, ou bien encore il serait parti de la première pour arriver progressivement à la seconde. Les tragiques évènements de ce début janvier en ont fait désormais une urgence. Il y passe ou, en d’autres termes, il pourrait y être. La France en est là, et il faut avoir le courage de l’avouer : elle ne peut agir à l’extérieur, elle ne peut — surtout — opérer chez elle aucun changement profond, sans l’assentiment, au moins tacite, des nations environnantes ; ou bien sans être résolue à repousser leur intervention, au premier mot ou au premier pas, à coups de canon. En revanche, on s’aperçoit que celles, parmi elles, qui accèdent au marché international accèdent également à la croissance. C’est par exemple le cas du football ou du rugby. Malheureusement, une partie de la réponse politique standard à une crise économique est la demande de faire quelque chose rapidement. Le bond peut durer quelques secondes, comme il peut durer des semaines, des mois ou des années : du moment que le bond est unique, il est indécomposable. Pour cela, nous devons penser dès aujourd’hui la ville de demain, les conditions de déplacement et soutenir de nouveaux usages, comme l’autopartage. Il n’y a pas d’objection et pas de réponse aux objections. Tous impliquent la confusion du mouve­ment avec l’espace parcouru, ou tout au moins l’idée qu’on peut traiter le mouvement comme on traite l’espace, le diviser sans tenir compte de ses articula­tions naturelles. Ses formules ordinaires ne font que traduire naïvement son esprit fondamental ; pour chacun de ses adeptes, la pensée dominante est constamment celle du moi : toutes les autres existences quelconques, même humaines, sont confusément enveloppées dans une seule conception négative, et leur vague ensemble constitue le non-moi ; la notion du nous n’y saurait trouver aucune place directe et distincte. Demandons alors à Achille de com­menter sa course ; voici, sans aucun doute, ce qu’ il nous répondra. D’abord, parce qu’elle est le paradigme fondateur de la révolution numérique, cette extension du domaine de l’indexation à toute réalité. Notre ami Antonio Fiori, a convaincu et remporté une victoire pour ce projet. Si un officier public ou n’importe qui voyait une personne sur le point de traverser un pont qu’on sait n’être pas sûr et qu’il n’y eût pas le temps de l’avertir du danger qu’elle coure, on pourrait la saisir et la faire reculer de force, sans violation aucune de sa liberté : car la liberté consiste à faire ce qu’on désire, et cette personne ne désire pas tomber à la rivière. Les grandes marques impliquent le besoin de petites marques. La révolution numérique et la généralisation des smartphones sont des outils extraordinaires. Le Conseil Constitutionnel reconnaît pour autant la validité de ce dispositif pour assurer une plus grande sécurité juridique et favoriser l’emploi, mais ne peut constitutionnellement en accepter l’adaptation aux entreprises les moins bien armées sur un plan juridique et les plus susceptibles d’embaucher, le tout au motif d’ « égalité ». Cet état d’esprit, c’est un mélange pitoyable d’éléments incomplets, avortés ou mutilés ; d’éléments dont la nature particulière n’est pas toujours mauvaise, mais dont la somme est infecte ; dont la combinaison, cependant, par l’exagération même de son absurdité dégradante, pousse, sans le vouloir, au renversement de l’ordre de choses présent ; s’oppose à la permanence de la situation actuelle. Il imagina un démon trompeur présentant des choses irréelles à ses sens en une continuelle phantasmagorie ; il se pourrait que l’existence d’un tel démon soit fort improbable, mais cela restait quand même possible, et c’est pourquoi le doute au sujet des choses perçues par les sens était possible. C’est pour ainsi dire l’univers devenu transparent aux yeux. Zénon veut que je me rende du point où je suis au point que la tortue a quitté, de celui-ci au point qu’elle a quitté encore, etc. Je fais un premier pas, puis un second, et ainsi de suite : finalement, après un certain nombre de pas, j’en fais un dernier par lequel j’enjambe la tortue. Si l’acte est pratiquement nuisible, l’intention a pu être moralement désintéressée, et c’est tout ce que demande la morale de Kant. C’est-à-dire que le contenu du cours reste le même pour des milliers (voire des dizaines de milliers) de participants, et seul l’accompagnement et l’examination sont personnalisées, un peu ce que je préconisais dans un article (comme d’autres) il y a déjà deux ans. Nous nous disons bien, il est vrai, qu’il doit y avoir autre chose, et que, d’une position à une position, il y a le passage par lequel se franchit l’intervalle. Plus généralement, la lutte contre l’espionnage industriel requiert une politique publique d’appui aux entreprises, notamment sur le territoire national, afin de les irriguer en informations susceptibles de les aider dans leur croissance et de les sensibiliser aux méthodes de l’intelligence économique pour mettre en place les protections nécessaires et développer une stratégie de la preuve avant l’émergence de tout litige. Le nouveau gouvernement grec ferait bien de s’en inspirer. « Les conditions d’un décollage économique du continent n’ont jamais été aussi favorables », constate Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

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